© Taiwan Contemporary Culture Lab

CHROMA : A DEREK JARMAN PROJECT
BABOO LIAO
43 mins | VR

Dans les années 1980, avant sa mort en 1994, le cinéaste britannique Derek Jarman perdait la vue et souffrait constamment de complications liées au sida. Hanté par la mort attendue, Jarman a commencé à envisager une intelligence artificielle méta-humaine-immunisée contre toutes les maladies mortelles, ainsi qu’une utopie bio-diversifiée, un monde meilleur pour les Fils de Jarman.
Dans la lignée spirituelle et créative du dernier film de Jarman, Blue, la réalisation de Baboo Lia, Chroma : A Derek Jarman Project tente de réassocier les couleurs aux identités gay, aux souvenirs personnels et à la culture queer. Chroma exploite
également la convention de la narration du théâtre audio pour réinventer la manière de voir lorsqu’on perd progressivement la vue.
L’utilisation du dispositif en réalité virtuelle permet ici de simuler l’état visuel de Derek Jarman avant qu’il ne devienne aveugle. Le flou et le brouillard font écho aux effets hallucinatoires de certaines drogues psychédéliques. Les frontières qui
séparent la réalité et l’imagination s’effondrent alors.

Baboo Liao : Depuis ses débuts en tant que metteur en scène en 1997, Baboo a dirigé une trentaine de productions, dont deux qui lui ont valu les prix des Taishin Arts Awards pour le Top 10 annuel des Arts de la Scène. Trois de ses pièces ont été invitées à être créées au Festival Off d’Avignon et ont depuis tourné dans plusieurs grandes villes de France. Son œuvre VR Chroma : A Derek Jarman Project a été présélectionnée pour le Taishin Arts Award de Taiwan plus tôt cette année. Le comité de nomination en parle comme d’une “œuvre pionnière en matière de technologie sonore, qui reconstitue l’identité sexuelle de Jarman et son obsession pour la couleur bleue” ; elle offre également au post-humain une solution possible face à la situation difficile dûe à la pandémie».
Baboo a été fréquemment invité à des programmes d’échanges internationaux et à des performances, et en tant que jeune réalisateur prolifique, il continue à maintenir une grande visibilité, recevant beaucoup d’attention de divers domaines. Son travail a été invité à se produire à New York, Berlin, Paris, Copenhague, Avignon et Séoul.

Production : Taiwan Contemporary Culture Lab (C-LAB)
Creation Team
Director : Baboo LIAO – Playwright : U-Lai CHEN – Sound Artist : Ge-Wei LIN – VR Concept and Set Design : Huei-Ming CHANG – VR Video Artist : Yu-Jie HUANG – Vocal : Chao-Yang WANG – Sound Technique and Engineer : C-LAB Taiwan Sound Lab – System Integration : Yu-Ci HUANG – 3D modeling : Mark CHANG、Teom CHEN – Graphic design : Aaron NIEH – Translation : Sean YEH – Director Assistant : Chang-En TING
Technical Consultant : Aluan WANG – Sound Consultant : Chia-Hui CHEN


© ET@T

THROBBING SONIC
FUJUI WANG
10 mins | VR

La création de Throbbing Sonic provient de la modulation hybride de sons en corrélation avec le processus de formation d’images. Grâce à l’interaction constante entre le son et la vision, le système nerveux sensoriel est stimulé. L’incertitude
entre l’influence humaine, les médias et l’arithmétique des machines joue ici un rôle. Le C-LAB Taiwan Sound Lab utilise la fonction de mixage sonore 3D du système stéréoscopique “Spat”, ainsi qu’une bibliothèque stéréophonique complète, pour contrôler la source des sons dans l’espace physique correspondant à l’environnement visuel 3D. Il crée des informations improvisées décalées dans le glitch vidéo. Les images se produisent dans des états de mouvement instantané, de génération, de formation, de transformation et de décomposition, les rendant imprévisibles et incertaines.

Fujui Wang : Fujui Wang est un artiste sonore et un commissaire d’exposition spécialisé dans l’art sonore et l’art interactif dont le travail a joué un rôle clé dans l’établissement du son comme nouveau genre artistique à Taïwan. Pionnier de l’art sonore à Taiwan, il a fondé «NOISE» en 1993, le premier label sonore expérimental du pays. En 2000, il a rejoint le collectif d’art médiatique «Etat» et a lancé l’exposition internationale d’art sonore «BIAS» ainsi que le prix d’art sonore pour les Digital Art Awards Taipei.
Fujui Wang est actuellement professeur adjoint à l’Université nationale des arts de Taipei, au département des arts des nouveaux médias, TNUA. Son travail a été largement exposé dans des musées et des festivals à Taïwan et à l’étranger, notamment à Art Basel Hong Kong, The Physics Room (Christchurch, Nouvelle-Zélande), Lab for Electronic Arts and Performance (Berlin), ZKM (Karlsruhe), Ars Electronica Center (Linz), École nationale Supérieure des Beaux-Arts (Paris), Antena (Chicago), The Lab (San Francisco), Queens Museum (New York), École Nationale des Beaux-Arts de Lyon, etc.

Organizer
ET@T, Taiwan Contemporary Culture Lab (C-LAB) and Fujui WANG
Creation Team
Images and Sound Provided by Fujui WANG – Executive Production: Hsing-Jou YEH (ET@T) – Technical Team: C-LAB Taiwan Sound Lab – Administrative Planning: Cecile HUANG – Technical Management: Aluan WANG – Visual Design: Yu-Jie HUANG – Sound Designer: Chi-You DEAN, Yu-De LIN (Tainan National University of the Arts) – Production Assistant: Hsiao-Ting CHU


© YILAB

BLACK HOLE MUSEUM + BODY BROWSER
WEN-CHI SU
15 mins | VR

Conçu par l’artiste taïwanais SU Wen-Chi, Dancing Gravity est un projet de performance expérimentale sur la façon d’imaginer et de percevoir la gravité abstraite en astronomie à travers le mouvement de la danse, du son et de la lumière. Le projet en cours Black Hole Museum + Body Browser invite des danseurs, des artistes sonores et des réalisateur·rices de réalité virtuelle à explorer conjointement les aspects de la performance dans un espace-temps en réalité virtuelle, et propose une réflexion sur la prévention des épidémies et le contrôle des frontières.
Ce projet est né à Accelerate@CERN Taiwan (Genève) en 2016 et soutenu par le Curtis R. Priem Experimental Media and Performing Arts Center (EMPAC) aux États-Unis en 2019. Il est depuis porté par le C-LAB Taiwan Sound Lab.

Wen-Chi Su : Wen-Chi Su est artiste des nouveaux médias et fondatrice de YILAB, qui regroupe des artistes des nouveaux médias et de la performance.
Combinant les concepts et les formes des nouveaux médias et des arts de la scène, elle tente de repenser les possibilités des arts de la scène du point de vue des nouveaux médias, étendant la controverse et la réflexion de l’art contemporain face à l’impact de la technologie numérique. Elle a activement interagi et coopéré avec les communautés artistiques locales et internationales par le biais d’ateliers, de séminaires, de conférences et de performances. Elle a été en résidence au National Theater & Concert Hall de Taiwan en 2017, Arts@CERN / Organisation européenne pour la recherche nucléaire, et EMPAC / Experimental Media and Performing Arts Center, Rensselaer Polytechnic Institute, Troy, NY. Artiste emblématique de Taïwan, SU a reçu le prix spécial du jury lors du 9e Taishin Arts Award et l’Alternative Design Gold Award lors du World Stage Design Award 2017. En 2021, la collaboration de Wen-Chi Su avec la maison suisse de soins de la peau La Prairie a été présentée en exclusivité pendant Art Basel Miami Beach.

Co-Production
YILAB, Taiwan Contemporary Culture Lab (C-LAB)
Creation Team
Concept/ Workshop Planning : Wen-Chi SU – Choreography : Wen-Chi SU, Li-Wei TU – Dancer : Li-Wei TU – Sound Design/ Acoustic Treatment/ WFS Support : Ping-Sheng WU – Scenography Design : Huei-Ming CHANG
Black Hole Museum VR Design : Wen-Yee HSIEH – Body Browser VR Design: Yu-Jie HUANG – VR Program Integration/ Motion Capture : Yu-Jie HUANG – Scientific Partner : Diego Blas – Workshop / Rehearsal Assistant : Hai-Wen HSU – Special Thanks : EMPAC/ Curtis R. Priem Experimental Media and Performing Arts Center, Rensselaer Polytechnic Institute, Troy, NY.


© sashahong_photography

RATING |||||| ||
YI CHEN

L’oeuvre Rating |||||| || de Yi Chen nous propose un regard sur la manière dont les systèmes de valeurs se créent autour d’échanges de données et de connaissances, tissant la toile qui rend possible l’expansion actuelle des crypto-monnaies. De même que notre perception visuelle du monde se base sur la manière dont la lumière se reflète sur les objets qui nous entourent. Dans le monde virtuel, nous formons une réalité en produisant des données. Par la production de toutes sortes de données échangées se créent des transactions de valeurs portant toutes sortes d’informations, formant un océan virtuel de nuit éternelle.

L’anonymat des transactions en crypto-monnaies apporte de surcroît aux utilisateurs une forme de liberté. Dans une ère d’inégalités insurmontables, les crypto-monnaies se sont mutées en une nouvelle forme de subsistance et de gains personnels, illustrant une sorte de rêve de la ruée vers l’or.
«Les valeurs» d’un bien, qu’il soit réel ou virtuel, sont quant à elles issues de consensus convenus entre différents groupes sociaux, et attribuées aux objets échangés par le biais de transactions, tandis que de tels consensus forment des systèmes de valeurs et de croyances. À mesure que différents groupes interagissent, notre croyance en des valeurs spécifiques se répand et s’échange.
Rating |||||| || est basée sur des données instantanées et reflète la valeur des monnaies virtuelles au milieu des transactions. Le mouvement des objets lumineux illustre ici les transactions, entre les personnes, les programmes informatiques et le flux des systèmes de valeurs.. Les 100 objets lumineux correspondent aux 100 crypto-monnaies les plus échangées, et leurs mouvements sont affectés par les autres monnaies et transactions. La valeur de chaque monnaie augmente selon une progression géométrique ; il y a 100 NFT au total. Les vagues de l’océan qui transportent les objets lumineux se déplacent en fonction des prix des transactions de devises en temps réel.

Yi Chen : Dans sa pratique artistique pluridisciplinaire, Yi Chen vise à explorer des questions telles que le désir humain, l’existence des données, l’environnement, la politique, l’économie et la société par l’observation et la comparaison de la substance tangible et de la conscience virtuelle. Chen a l’habitude de rassembler des concepts, des médias, des questions et des contextes in situ dans un environnement donné. Sur cette base, il adopte une dialectique philosophique et un langage artistique dans sa pratique.
Chen Yi est diplômé de l’université nationale des arts de Taipei. Il a reçu le premier prix du «2006 Taipei Arts Award». En 2010, Yi a fondé le collectif d’artistes LuxuryLogico, qui s’appuie sur le concept d’hybride, inspiré par l’environnement naturel. Abordant les pensées et les idées qui remplissent les spectacles de la société contemporaine, en intégrant la technologie moderne et la culture des sciences humaines,et en représentant leurs idées via la musique, la visualité, l’installation et le document, leurs œuvres fantasmagoriques se manifestent sous diverses formes et genres, y compris le théâtre, les films, la danse, l’architecture, la musique et le comportement social. Parmi les expositions collectives, citons la Biennale de Taïwan en 2012, la Biennale d’art asiatique en 2013, la Triennale d’Asie à Manchester en 2014, la Biennale de Thaïlande en 2018 et la Triennale d’art Echigo Tsumari en 2022.

Artist : CHEN Yi – NFT Creation : i–i – Concept Collaboration : Yen Yi LEE
Virtual Visual Design : Wen-Tse LIN – VR Producer : Po-Hung CHEN
Installation Execution : Okome Studio – Sound Design : Hsien-Xan HSIEH (C-LAB Taiwan Sound Lab) – Sound Engineering : Chi-You DEAN – Collaborator : Taiwan Contemporary Culture Lab (C-LAB)


© Yi-Fan Li

HOWDOYOUTURNTHISON
YI-FAN LI
17 mins | VIDEO

Derrière les images apparemment absurdes et excentriques, se construit un scénario et une technique narrative fascinante Li renverse la boîte à outils historique de la «machinima», manipulant habilement son avatar qui gigote sans contraintes physiques. Le “fantôme dans la coquille” stimule la perception corporelle du spectateur, et ses confessions murmurées attirent chacun à entrer inconsciemment dans le monde intérieur de la production d’images. La génération du corps post-humain et du langage de modélisation en réalité virtuelle (VRML) expose la réalité alternative de la génération Internet, libérant le devenir des images et le langage narratif.

Yi-fan Li : Utilisant les mediums de la sculpture, de la peinture et de la projection, Yi-Fan Li a transformé son œuvre en un objet narratif fantastique gisant de manière fragmentaire dans le lieu d’exposition, une œuvre qui ressemble, plus qu’on ne le croirait au premier abord, aux détritus de luttes acharnées. En observant ces vestiges brisés, les spectateurs peuvent avoir un aperçu de l’espace-temps psychédélique que l’artiste a traversé, à savoir l’émergence et la désillusion des désirs. Li a formulé un concept méta-narratif en appliquant habilement des moyens technologiques tels que la cartographie par projection, ce qui fait que son travail semble hésiter à franchir le seuil des récits et s’enliser dans un état de préparation continue.
Cette «préparation» est truffée d’ébats, de luttes et de tortures entre l’artiste et les médias qu’il utilise. Ce n’est que lorsque l’une ou l’autre des parties s’effondre que l’œuvre émerge de son cadavre en décomposition et que les récits se déroulent tranquillement. En ce sens, ce que nous voyons dans l’œuvre de Li n’est pas simplement le flux narratif mais aussi la dimension ambiguë acquise par les enchevêtrements entre ses histoires de vie et les médias qu’il a adoptés.
Dans cette dimension, le temps s’arrête de s’écouler, Mercure est en mouvement rétrograde, et tous les mots prononcés n’ont aucun sens car ils se confondent les uns avec les autres.

Video Artist : Yi-Fan LI – Sound Design : Tzu-Ni HUNG